Quel lien le show de Paul McCartney sur les plaines d’Abraham en juillet 2008, a-t-il avec les fêtes du 400è anniversaire de la ville de Québec ? La conquête britannique de James Woolfe en 1759. Les nationalistes, les vrais, les sérieux, pas les faux-culs, l’ont souligné. On aurait eu assez de la présence de Céline Dion, elle au moins, elle a des racines québécoises et elle est une star internationale, au même titre que McCartney.
Deux mois avant que Céline se produise, on annonçait la venue de l’ex-Beatle. Tout à coup, l’étoile de Céline venait de pâlir dans l’esprit de plusieurs. Et dire qu’on avait demandé, pour ne pas dire exiger, que Céline chante en français et donne un spectacle unique, pas un de sa tournée mondiale Taking Chances. Non, on voulait souligner cet évenement de manière très spéciale. Soit ! Céline a fini par s’entendre avec les organisateurs des fêtes du 400è.
A-t-on exiger la même chose de Paul McCartney ? Paul s’est bien exprimer en français (quelques mots seulement, le reste était traduit sur un écran au-dessus de la scène) et a agité le drapeau du Québec, en plus de le projeter sur l’écran géant derrière la scène. Ouf ! Là, j’avoue que j’ai trouvé cela un peu trop facile. Si Céline avait fait une chose pareille, on l’aurait vertement critiqué.
Mais c’était sir Paul et on lui a tout pardonné. On a d’ailleurs raconté dans les moindres détails, ces faits et gestes dans la capitale du Québec, séjour qui n’a été qu’un in and out. Ce qu’il a mangé, où et quand et avec qui, tout ce que vous vouliez savoir, était étalé comme de l’information de première importance, comme si Dieu était descendu sur terre et encore, Dieu aurait de quoi être jaloux.
Et après le spectacle, à la radio, des auditeurs appelaient pour commenter. Certains ont affirmé qu’il avait donné le même spectacle à Toronto en 2002. Rien d’unique. Au contraire, McCartney n’a fait que reprendre le set-list d’un autre show. Rien contre le talent de McCartney. Rien contre qu’il vienne au Québec. Mais dans le cadre du 400è, c’était un peu controversé.
Et c’est ce spectacle qui est considéré, aux dires des sondages, comme le spectacle le plus marquant des fêtes du 400è.
Ce qui me déçoit là-dedans, c’est qu’on ait exigé de Céline, ce qu’on a pas exigé de Paul. Et le public, lui, a préféré Paul. Je vois là-dedans, quelque chose qui donne raison à Pierre-Eliott Trudeau, qui a toujours considéré les Canadiens-français (pas Québécois, il n’a jamais voulu reconnaître ce terme) comme un petit peuple, des porteurs d’eau, incapables de se gouverner. Pour se nuire à nous-mêmes, on est bons. Les fêtes du 400è nous en offre un bel exemple.
On aurait pu se contenter de Céline.