Abeille en éveil

Entrée de janvier 2009

La bataille des plaines d’Abraham fait jaser

30 janvier 2009 · Laisser un commentaire


«Je vais perdre mon calme !» dit René derrière le canon.

J’écoutais à la radio Gilles Proulx cet après-midi. Il pestait contre la commémoration de la bataille des plaines d’Abraham qui a eu lieu il y a 250 ans à Québec. Cette bataille qui dura à peine trente minutes, un jeudi 13 septembre 1759, représente pour lui une conquête déloyale de la part de James Wolfe, un mercenaire qui a pillé les fermes le long du Saint-Laurent, et qui a dû sûrement profité d’une quelconque trahison, pour prendre de surprise les troupes françaises.

Et Pierre Falardeau (est-ce surprenant?) compte jouer les trouble-fête, parce qu’il considère qu’on ne doit pas célébrer une défaite. Denis Coderre considère que nous devons vivre avec ce qui a été fait. Qu’importe l’interprétation que l’on peut donner à l’histoire, reste que les Anglais ont gagné.

L’historien Marcel Trudel considère que trois éléments principaux sont la cause de la défaite de la Nouvelle-France : la famine (les récoltes n’avaient pas été abondantes cette année-là, et les navires anglais interceptaient les bateaux), la corruption (l’intendant Cadet s’en mettait plein les poches au détriment du roi, qui d’ailleurs se désintéressait de la colonie) et enfin, les conflits entre le gouverneur Vaudreuil et le général Montcalm (l’un voulait montrer à l’autre que c’était lui le boss, sauf que Vaudreuil n’avait pas la compétence, ni la légitimité pour le faire : Vaudreuil était même allé jusqu’à cacher une lettre du roi, donnant plein pouvoir militaire à Montcalm).

Dans son ouvrage simplement intitulé Wolfe et Montcalm (Éditions de l’homme), Joy Carroll dépeint les deux chefs, qui sont tous les deux morts au combat dans cette célèbre bataille, avec beaucoup de détails et sa recherche est très étoffée. On y apprend que Wolfe était très grand et maigre, qu’il était fiancé, avait autour de 33 ans, qu’il était très malade. On l’a même soigné à l’Hôpital général de Québec, alors qu’on était en pleine guerre. C’est que les médecins sont neutres. J’ai lu la même chose sur Marguerite de Youville (fondatrice des Soeurs Grises) à Montréal, à la même époque.

Montcalm, lui, était plutôt le contraire, pas tellement grand, marié et père de 10 enfants, il était plutôt en bonne santé. En fait, il sera célèbre pour la seule bataille qu’il aura réellement perdue dans toute sa carrière militaire. Il avait 47 ans. Il montait son cheval ce matin-là et s’en retournait vers le fort, quand une balle perdue l’a blessé. Il est mort sur le champ de bataille, ce qui est tout à l’honneur des milliers de soldats, qui ont eu ou qui auront, le courage de se battre pour leurs pays.

L’issue de cette bataille a décidé du sort de tout un continent et façonné l’histoire du Canada et des États-Unis. Malgré une résistance qui tient plus du désespoir et de la témérité, que d’une réelle reprise du territoire par les troupes françaises, la France concède définitivement le Canada à l’Angleterre en 1763, par le traité de Paris.

Catégories : Société

Polytechnique, le film-choc qu’il fallait

28 janvier 2009 · 4 commentaires

6 décembre 1989, je n’étais pas étudiant à la Polytechnique de Montréal à cette époque, j’étais fonctionnaire fédéral. Je travaillais dans un environnement douillet, mes études universitaires étaient terminées depuis un bon bout de temps. Alors, quand cet événement est arrivé, il ne m’a pas touché. Ce fut un événement triste certes, (il tue 14 femmes, en blesse autant et finit par se suicider) mais pas douloureux en ce qui me concerne personnellement.

Cependant, l’événement a semé une véritable commotion dans notre société. Ce fut nos événements du 11 septembre à nous.

On cherche toujours des coupables. (Un Marc Lépine sommeille en chaque homme) On cherche toujours une explication (désespoir, folie, rage). L’émotion est grande. Vingt ans plus tard ou presque, la plaie s’est-elle cicatrisée, ou risque-t-elle de s’ouvrir encore avec la sortie prochaine de ce film de Denis Villeneuve ? Juste de penser que l’ombre du drame de Nathalie Simard est revenu hanter le dernier Bye Bye, il faut s’attendre à ce que les féministes montent aux barricades. Il faut s’attendre à toutes sortes de réactions et un débordement possible.

Marc Lépine en voulait aux femmes, parce qu’il était victime de discrimination positive. On voulait encourager les femmes à faire carrière dans des domaines jusqu’à ce jour, réservés aux hommes. Il n’a donc pas pu entreprendre ses études, comme il le souhaitait. Il ne l’a pas pris et a posé un geste extrémiste. Comme récemment, un couple s’est suicidé et a tué ses enfants, parce qu’ils venaient de perdre leurs emplois. Et cette tragédie ne s’est pas déroulée dans un pays du tiers-monde, mais aux États-Unis, un pays dont le nouveau président a un slogan hyper motivateur : YES WE CAN !

Ce film n’a pas mis des lunettes roses. Il a d’ailleurs été tourné en noir et blanc et ne dure pas très longtemps, le strict minimun pour un long métrage, autour de 80 minutes. C’est pas pour les enfants, c’est pour les grands, ou plutôt pour ceux qui ont la sérénité d’accepter les choses qu’on ne peut pas changer. Le mal existe, il fait son oeuvre. Nous ne sommes pas à l’abri de la tentation. Car on ne soupçonne jamais d’où vient le vent mauvais. Il est sournois. Il peut frapper à tout moment.

Polytechnique est le film-choc qu’il fallait, parce que le cinéma québécois a besoin de film audacieux de ce genre. Ce sont les extrémistes qui font avancer les causes, et ceci dit, sans vouloir excuser ou justifier qui ou quoi que ce soit.

Catégories : Cinéma · Société

Le Journal de Montréal a changé

27 janvier 2009 · 6 commentaires


La page 7 du Journal de Montréal des années 70

À l’heure actuelle, les employés syndiqués du Journal de Montréal sont en lock-out et ont voté presqu’à l’unanimité en faveur de la grève. Cependant, le journal continue de paraître, le travail est assumé par les cadres.

Au coeur du conflit, les conditions de travail qui sont parmi les meilleures en Amérique du Nord dans ce domaine. La raison évoquée par la partie patronale : l’arrivée d’internet qui fragmente les revenus publicitaires, donc moins d’argent pour rencontrer la masse salariale. Les employés ne le voit pas de cette manière. Qui a raison ? Qui a tort ? M’en fiche complètement.

J’ai plus envie de vous parler de l’évolution du Journal de Montréal, qui a bien changé avec les années. Ce journal était un torchon qu’on lisait dans les snack-bars. Il parlait de nouvelles locales : meurtres, hockey, chiens écrasés et potins de vedettes. Bref, c’était un journal axé sur les trois S: Sexe, sport et sang. En page 7, il y avait toujours une belle fille dans une pose sexy. La formule a fonctionné énormément pour ce quotidien qui a profité d’une grève au journal La Presse pour prendre son envol. On dit même qu’à cette époque, Pierre Péladeau couchait dans son bureau, tellement il a mis d’effort à bâtir son empire Québécor, dont le fils Pierre-Karl assume aujourd’hui la succession.

Dans le but de réduire ses coût de production, Péladeau a fait l’acquisition d’imprimeries et de compagnie de distribution, de manière à ce que le Journal de Montréal puisse survivre dans le monde compétitif de l’édition. C’est l’arrivée de Jacques Beauchamps dans le domaine du sport qui a rehaussé la qualité du Journal de Montréal, parce que le hockey à Montréal soulève la passion, et Beauchamps déservait bien la cause.

Sans compter qu’au niveau du contenant, le format tabloïd, un format pratique, adaptable à bien des situations, le Journal de Montréal avait tout pour plaire et gagné en popularité.

Et pas de position éditoriale comme les journaux traditionnels, bien que Pierre Péladeau s’est toujours prononcé en faveur de l’indépendance du Québec. En fait, il était plutôt un homme en faveur de l’indépendance tout court, dans le style faites-le vous même, n’attendez pas après les autres.

Aujourd’hui, le Journal de Montréal a reçu des prix, compte une pléiade de chroniqueurs dans tous les domaines et de toutes les tendances. C’est devenu le journal de la diversité, un journal reconnu, un vrai quotidien, comme on peut en être fier. Malheureusement, les belles années du Journal de Montréal semble derrière lui. La popularité du web fait mal.

Catégories : Médias

Le grand cirque de la vie

23 janvier 2009 · Laisser un commentaire


Guy Laliberté aura 50 ans cette année et son célèbre Cirque du Soleil, trente.

Moi, j’étais loin de me douter que j’allais assister aux débuts du Cirque en 1980, quand je me rendais tout bonnement à Baie Saint-Paul, comme je l’ai fait l’automne dernier, pour changer d’air. Installé à flanc de montagne dans ce magnifique panorama que nous offre l’Auberge du balcon vert, je remarque des gars qui s’amusent à faire des acrobaties, mais je n’y porte guère attention. Ils sont là, ils font leur trip. C’est l’été. Bof ! Sauf qu’on me dit qu’ils font des petits spectacles. Ben c’est bien ! Et cela reste là. Je ne savais pas qu’ils formaient un groupe qui s’appelait Les échassiers de Baie St-Paul.

Et cela reste là. La vie continue. En 1984, je me trouve à Magog, c’est l’été encore. Je savoure un bon repas avec ma copine sur un café-terrasse et nous projetons aller voir le Cirque du soleil qui donne un spectacle dans une petite tente. J’étais loin de me douter que Guy Laliberté et sa bande mangeaient dans le même restaurant que moi. Pire, un des membres prend une statue représentant le Manneken pisse (un p’tit bonhomme tout nu qui sert de fontaine et qui attire les touristes en Belgique) et place la statue sur notre table, avec le zizi du Maneken devant la face de ma blonde. Drôle !

À l’époque, j’étais technicien pour le Centre d’arts d’Orford, un camp de vacances pour des étudiants en musique. Un pavillon était disponible, des étudiants étaient partis tôt, et devinez qui a dormi là ? Les clowns avaient utilisé le grand corridor, presque un hall, pour s’improviser un match de soccer. Ils avaient déroulé du papier de toilette pour faire les buts. Fou !

Guy Laliberté est un homme de spectacle flyé, un visionnaire qui n’a pas eu peur d’oser, avec pour résultat qu’il a créée une des plus prestigieuses entreprises de spectacles au monde. Riche et célèbre, comme on rêve petit garçon, on peut dire qu’il a réussi dans la vie, mais a-t-il réussi sa vie ?

Hum…

Des rumeurs courent…

Catégories : Art de vivre · Médias · Société

Noir comme l’espoir !!!

23 janvier 2009 · Laisser un commentaire

Il est Noir et représente l’espoir. Je parle du nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama. Habituellement, le noir, c’est le désespoir. Qu’on pense à la chanson de Johnny Halliday :«Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir.» Mais les temps changent. Barcak casse la baraque ! Sweet Home Obama ! Yes we can, yes oui canadians love you !

Catégories : Médias · Résonnances dans mon coeur · Société

Where Do The Children Play ?

22 janvier 2009 · Laisser un commentaire

C’est la chanson qui ouvre l’album Tea For The Tillerman de Cat Stevens, un classique. Elle fait partie aussi du film Harold et Maude. C’est un appel à la vie, à jouer sa vie, à garder son coeur d’enfant.

Well I think its fine, building jumbo planes.

Or taking a ride on a cosmic train.

Switch on summer from a slot machine.

Yes, get what you want to if you want, cause you can get anything.

I know weve come a long way,

Were changing day to day,

But tell me, where do the children play?

Well you roll on roads over fresh green grass.

For your lorry loads pumping petrol gas.

And you make them long, and you make them tough.

But they just go on and on, and it seems that you cant get off.

Oh, I know weve come a long way,Were changing day to day,

But tell me, where do the children play?

Well youve cracked the sky, scrapers fill the air.

But will you keep on building higher til theres no more room up there?

Will you make us laugh, will you make us cry?

Will you tell us when to live, will you tell us when to die?

I know weve come a long way, Were changing day to day,

But tell me, where do the children play?

Catégories : Résonnances dans mon coeur

Qu’est-ce tu fais les Tetons à l’air ?

22 janvier 2009 · Laisser un commentaire

Cé-t’y beau rien qu’un peu ? Ce sont des montagnes qu’on appelle les Tetons, parce que… C’est dans le Wyoming. Curieux hasard, j’ai acheté récemment un laminé qui nous montre ses majestueuses montagnes dans un autre angle et avec un magnifique coucher de soleil. Cela donne le goût de voyager.

Catégories : Art de vivre · Environnement · Journal intime

Un duo insolite, eh oui, Mado et Nat !

20 janvier 2009 · Laisser un commentaire

Patrick Lagacé de Cyberpresse vient de déterrer sur son blogue, un vidéo disponible sur Youtube de René et Nathalie Simard, à l’époque de la chanson Tourne la page. Cela m’a fait penser que j’ai déjà vu Nathalie Simard live, une seule fois dans ma vie, mais pas n’importe laquelle, à l’occasion du premier Bingo à Mado au Spectrum, animé par la célèbre drag-queen, qui a maintenant un cabaret qui porte son nom sur la rue Sainte-Catherine à Montréal.
Nathalie Simard avait fait partie de la distribution de la comédie musicale Demain-matin Montréal m’attend, produit par François Flamand, qui s’est par la suite intéressé à la carrière de Mado Lamotte. C’est ainsi que Nathalie était allé lui donner un coup de pouce amical. Je n’ai pas de vidéo, ni de photo de cette prestation, mais tout ce que je peux en dire, c’est qu’il avait fait Tourne la page justement et que c’était spécial.

Je ne sais pas si Nathalie Simard s’en souvient, mais cela pourrait lui être utile ces temps-ci. Refaire Tourne la page au Cabaret à Mado avec Mado serait ma foi, très plaisant.

Catégories : Musique

Los Tabarnakos !

20 janvier 2009 · Laisser un commentaire

Il y a quelques années, je suis allé ramasser des concombres dans des champs grands comme le Stade olympique. L’UPA se fend en quatre pour aider les agriculteurs, qui en arrachent avec la main-d’oeuvre saisonnière. Et j’ai compris pourquoi des Guatémaltèques sont accueillis ici à bras ouverts. J’ai vu de mes yeux ce qui se passe réellement.

D’abord, il faut comprendre que lorsque les concombres sont mûrs, tout comme n’importe quelle plantation, il faut les cueillir. Le temps est précieux. Les concombres n’attendront pas. Il faut donc se lever tôt le matin et durant toute la journée, jusqu’au coucher du soleil, faire la récolte. Et ainsi de suite durant des semaines, 7 jours sur 7, beau temps, mauvais temps. C’est un travail physique qui demande de l’endurance et beaucoup de patience.

J’ai travaillé avec des Québécois, et j’ai travaillé avec des Guatémaltèques. Je suis pourtant Québécois pure laine et j’ai préféré travailler avec des Guatémaltèques. Ils sont adorables. D’abord, ils sont contents de venir ici. Une journée de travail ici correspond pour eux à une semaine de salaire chez eux. Ils se considèrent donc comme privilégiés.

Souriants, pas un mot plus haut que l’autre, disciplinés et constants, ils étaient les premiers à entreprendre le dur labeur de la journée et les derniers à quitter. Méchant contraste avec les Québécois, qui préféraient arriver à 7h00 du matin, plutôt qu’à 5h00 pour les Guatémaltèques. Et le temps de s’installer, on partait à 7h30, 8h00 dépendant de qui allait se présenter, car les Québécois qui étaient présents la veille, n’allaient pas forcément être là le lendemain. Pire encore, le premier du mois, journée du chèque de B.S. Le taux d’absentéisme est désastreux cette journée-là.

Au niveau de la rénumération, l’agriculteur préférait payer la journée même, parce que c’était la seule manière d’avoir du personnel, mais surtout la seule manière de gérer ce va-et-vient des employés québécois. Car, c’était plus simple avec les Guatématèques. On les faisait venir uniquement pour travailler et on les rénumérait pour la durée du contrat, selon les conditions établies au préalable. Donc, beaucoup moins de trouble au niveau administratif.

Et la journée de travail avec des Québécois, l’enfer. C’est chialeux des Québécois, ma foi, que c’était fatiguant les entendre se plaindre à tout bout de champ pour tout et pour rien.Ce qui fait que rendu à 4h00 de l’après-midi, t’en avais ton voyage. Et comme défaite, eux aussi, n’étaient plus capables. Alors, le travail s’arrêtait là pour ceux qui en avaient assez. Ceux qui voulaient continuer changeaient d’équipe.

Je n’ai pas de peine à croire que les Québécois sont moins productifs que les autres peuples. Mon employeur actuel le constate lui aussi. Je travaille avec un Chilien, et c’est fou comment il peut produire dans une journée, comparé aux Québécois qui se traînent les pieds bien souvent.

Catégories : Art de vivre · Société

Lolita, trop jeune pour aimer ?

13 janvier 2009 · 4 commentaires

Lolita, classique de la littérature, a été repris deux fois à l’écran
«Trop jeune pour aimer, qu’est-ce que ça veut dire ? Lolita répond je m’en fous, je m’en fous, I love you…» chante Céline Dion dans une chanson qui raconte un peu sa vie. Il n’y a pas d’âge pour aimer, mais il y a un âge pour consentir à une relation sexuelle ou amoureuse. Dépendant du pays et de ses lois, l’âge du consentement se situe entre 9 et 21 ans. L’âge médiane, pas l’âge moyenne, se situe entre 14 et 16 ans.

Quand on parle de viol, d’agression sexuelle ou de pédophilie, on parle d’un abus, de prendre de force une personne contre son gré, la forcer à une relation sexuelle SANS SON CONSENTEMENT. Elle est là la nuance, toute la subtile nuance. La volonté ! Quand on désire ou qu’on ne désire pas. Quand on aime vraiment.
Cependant, l’âge du consentement, laisse sous-entendre, qu’on est assez vieux pour savoir ce que l’on fait. Il fait appel à notre raison, à notre sens du jugement. Et souvent, jeune, on ne sait pas trop ce que l’on veut.

Lolita est une histoire qui se termine mal, parce que c’est romancé, parce que cela se veut un Roméo et Juliette d’une autre nature, parce c’est un drame, c’est sans espoir. C’est que la société a des lois, que le coeur ignore.

Catégories : Cinéma · Société