Serge Fiori s’est-il trop pris au sérieux ? En m’arrêtant de plus près sur la carrière de Richard Séguin, comme je l’ai fait dans mes derniers billets, cela m’a aidé à nourrir ma réflexion sur Harmonium et le burn-out de Serge Fiori !
Il l’a déjà dit en entrevue, il ne vivait que pour Harmonium. Justement, était-ce trop ? Dans la vie, on fait des choix et ces choix nous appartiennent. Il avait ses raisons et cela le regarde. L’idée n’est pas de le juger, mais simplement de constater que si des artistes comme Richard Séguin ne se sont pas brûlés les ailes, c’est peut-être qu’il ont su garder une distance par rapport à leurs «personnages».
J’ai souligné dans un billet assez récent une anecdote de Robert, un de mes lecteurs : avouez que voir Richard Séguin en Porsche donne un coup à l’image du poète des Appalaches. Mais elle aide en même temps à comprendre que ce n’est qu’une image. C’est cette distance par rapport à l’image que semble avoir refusé de prendre Serge Fiori, je crois. Harmonium occupait toutes ses pensées. Ce n’était plus juste sa musique, c’était devenu SA VIE.
C’est bien d’avoir une passion, mais c’est malsain quand cela devient une obsession. Heureusement, la méditation semble l’avoir sauver, du moins du pire. Car vivre pour son art et avoir un art de vivre, ce sont deux choses. Vivre pour son art, c’est ne plus avoir de vie et laisser toute la place à l’objet de sa création.
C’est pourquoi quand il chantait Comme un fou, on se demandait si ce n’était pas de lui qu’il parlait, tellement il n’a pas su séparer l’homme de l’artiste. Chanter avec conviction et chanter ses convictions, il y a un
e nuance, je crois. Le phénomène de la comédie musicale n’existait pas au Québec à l’époque de la création de L’heptade, c’est arrivé plus tard dans les années 80 avec Starmania.
Justement, Luc Plamondon s’est inventé des personnages pour mieux exprimer ses émotions, mais ce n’était pas entièrement lui. Il y a un truchement. Il y a une part d’imagination, d’irréel. C’est un peu comme au cinéma. Sur la pochette de Deux cents nuits à l’heure, on met l’accent sur la théâtralité de l’oeuvre : Deux inconnus dans un drôle de camion… Justement, Richard Séguin semble avoir mieux appris de cette expérience que Serge Fiori !
Nous réagissons tous de manière différente face aux mêmes situation. Je cite :
“Le Burnout est en grande partie causé par le stress. Le stress est une réaction individuelle non spécifique à un stimulus psychologique ou physique de notre environnement. Ces stimuli peuvent être positifs (eustress) ou négatifs (détresse). L’intensité du stress dépend essentiellement de l’interprétation que nous faisons de l’information que nous recevons. Ces informations sont filtrées par nos structures biologiques, génétiques, psychologiques et cognitives.
Trop de stress, que ce soit par son intensité, sa durée ou par une combinaison des deux, épuise nos énergies. On devient alors non seulement improductif mais contre-productif et l’exécution d’une tâche supplémentaire, même minime, nous apparaît comme une montagne.
De manière générale, il y a un certain consensus autour de l’idée que des facteurs tels l’ambiguïté de rôle (École de Relations Industrielles, 1995), « le sentiment de manque de contrôle sur son environnement de travail et sur la perception que celui-ci est incohérent » (Gilbar, 1998), le fait de manquer de dynamisme
(lack of hardiness : Toscano & Ponterdolph, 1998), et enfin le manque de congruence entre les attentes face au travail et la réalité de celui-ci (Dierendonck & Shaufeli, 1998) favorisent l’apparition de l’épuisement professionnel.
La situation actuelle d’une personne constitue rarement l’unique cause de son affaiblissement psychologique. Les comportements qui ont pris place suite à des évènements majeurs du vécu se sont accumulés les uns aux autres formant un ensemble complexe au travers duquel la personne en vient à ne plus se retrouver.
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Bref, nous réagissons tous et chacun de manière différente face aux mêmes situation et nous trouvons tous et chacun des solutions qui nous sont propres. Surtout en psychologie.
Intéressant ton point de vue, sauf que les membres d’Harmonium n’étaient pas des psychologues, mais des musiciens. Ils faisaient de la musique avec Serge, pas de la consultation.
Yves Ladouceur note lui aussi l’état de Serge dans son livre. Il veut bien en parler autour d’un café dans un restaurant, mais il a du mal à comprendre. Faut-il plus d’équipement, plus de musiciens ? Ni Normandeau, ni Valois n’y comprennent quoi que ce soit. Et le groupe n’était pas encore rendu dans le BIG TIME.
La télé-série, c’est le point de vue de Paul Dupont-Hébert et c’est pire encore. On nous le montre dans un état qui est inquiétant. Est-ce réellement un burn-out dû au stress ? C’est peut-être plus complexe, parce que les autres musiciens vivent eux aussi du stress, mais ne sont pas malades pour autant.
C’est ce qui me fait dire que Séguin a appris de l’expérience Fiori-Séguin. Je le trouve très professionnel Richard Séguin.
Le burn-out est vraiment répandu partout. Dans un milieu de travail il faut savoir identifier ceux et celles qui pourraient en être victimes et ceux et celles qui carburent au stress. Il y a même des personnes qui se mette en situation de stress car c’est comme une drogue et ils en ont besoin. Mais il y a aussi et surtout des victimes et une fois que ça commence c’est extrêmement difficile de s’en sortir sans faire une pause et des changements dans sa vie.